Abidjan, le mardi 2 décembre 2025(SS)-L’Afrique du Sud, l’Eswatini et la Zambie ont commencé, le lundi 1er décembre 2025, à administrer lénacépavir, la nouvelle injection de prévention du VIH, informe un article de l’AFP.
En Afrique du Sud, où un adulte sur cinq vit avec le VIH, une unité de recherche de l’université de Wits a supervisé le déploiement de la nouvelle injection dans le cadre d’une initiative financée par Unitaid, l’agence sanitaire des Nations Unies, souligne l’agence d’information.
« Les premières personnes ont commencé à utiliser le lénacépavir pour la prévention du VIH en Afrique du Sud. Ce qui en fait l’une des premières utilisations concrètes de ce médicament injectable semestriel dans les pays à revenu faible et intermédiaire », a fait savoir l’Unitaid dans un communiqué. Lequel ne précise pas combien de personnes ont reçu les premières doses de ce médicament, dont le coût s’élève à 28 000 dollars par personne et par an aux États-Unis.
L’AFP ajoute qu’un déploiement national plus large est prévu en 2026.
La Zambie et l’Eswatini, pays voisins, ont reçu 1 000 doses le mois dernier dans le cadre d’un programme américain et ont lancé le médicament lors des cérémonies de la Journée mondiale du sida ce lundi 1er décembre.
Lors d’une cérémonie, à Hhukwini(Eswatini), le Premier ministre Russell Dlamini a déclaré : « Ce jour marque un tournant dans la riposte nationale au VIH », ajoutant que l’injection donne un nouvel espoir et un outil puissant pour protéger les citoyens d’Eswatini.
En Zambie, environ 1,4 million de personnes vivent avec le VIH, avec 30 000 nouvelles infections chaque année, selon le ministère de la Santé, tandis qu’en Eswatini, environ 220 000 personnes vivent avec le virus dans ce petit royaume de 1,2 million d’habitants.
Dans le cadre du programme américain, le fabricant Gilead Sciences a accepté de fournir du lenacapavir sans profit à deux millions de personnes dans des pays fortement touchés par le VIH, sur une période de trois ans.
Mais Washington, en désaccord avec Pretoria sur plusieurs questions politiques, ne fournira pas de doses à l'Afrique du Sud, malgré sa participation aux essais cliniques.
Selon les données de l’ONUSIDA de 2024, l’Afrique orientale et australe représente environ 52 % des 40,8 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde.
Il a été démontré que le lénacépavir, qui se prend deux fois par an, réduit le risque de transmission du VIH de plus de 99,9 %, ce qui le rend fonctionnellement comparable à un vaccin puissant.
Des versions génériques du lenacapavir devraient être disponibles à partir de 2027 pour environ 40 dollars par an dans plus de 100 pays, grâce à des accords conclus entre Unitaid et la Fondation Gates avec des sociétés pharmaceutiques indiennes, indique l’agence de presse internationale d’information.
Rish Koffi
