Abidjan, le mardi 2 décembre 2025(SS)-En marge du premier Sommet africain sur les systèmes de santé et la souveraineté sanitaire, l’Académie africaine des sciences de la santé (AAHS) a été officiellement inaugurée, le samedi 29 novembre 2025 à Dakhla, au Maroc. Cette nouvelle institution, lancée en présence de personnalités africaines et de ministres marocains, se veut un levier majeur pour transformer durablement les systèmes de santé du continent, rapporte l’Agence Ivoirienne de Presse (AIP).
Conçue comme un moteur de souveraineté sanitaire, l’AAHS place la recherche, la formation et l’innovation au cœur de sa stratégie. Elle ambitionne de développer des solutions adaptées aux réalités africaines, tout en consolidant une coopération Sud-Sud renforcée.
Le président de l’Université Mohammed VI des Sciences et de la Santé, Pr Mohamed Adnaoui, a annoncé l’opérationnalisation immédiate de l’Académie, avec un conseil d’administration déjà installé et des infrastructures fonctionnelles. Il a souligné que l’institution entamera dès à présent ses missions liées aux bourses, à la formation et à la mobilité des jeunes spécialistes, notamment grâce à des programmes conjointement élaborés avec des partenaires africains.
L’Académie s’appuie sur des partenariats stratégiques, notamment avec l’OMS et des acteurs de l’industrie pharmaceutique, pour accélérer l’innovation et moderniser les systèmes de soins.
L’un de ses projets phares est la création d’une plateforme de Big Data en santé, destinée à améliorer l’analyse des données, à orienter les politiques publiques et à renforcer la préparation face aux pandémies. L’AAHS entend également jouer un rôle d’observatoire sanitaire continental en fournissant des outils d’aide à la décision basés sur une analyse rigoureuse.
Selon Professeur Youns Bjijou, directeur délégué de la Fondation, l’institution est basée sur cinq piliers :
Le premier pilier met l’accent sur la santé publique et l’épidémiologie, en renforçant la prévention, la surveillance et les systèmes d’alerte pour mieux anticiper les crises.
Le deuxième pilier vise à moderniser les infrastructures, étendre les soins de proximité et garantir un accès équitable, notamment pour les zones isolées et les populations vulnérables.
Le troisième pilier encourage l’investissement dans la formation et la rétention des compétences africaines, afin de limiter la fuite des talents et développer des centres d’excellence.
Le quatrième pilier appelle à augmenter les budgets de santé et à instaurer une gouvernance plus transparente et efficace pour réduire les charges financières pesant sur les ménages.
Le cinquième pilier promeut une R&D africaine dynamique, la production locale de médicaments et vaccins, ainsi que l’intégration de l’intelligence artificielle pour renforcer l’innovation sur le continent.
Portée par la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé, l’AAHS s’inscrit dans une vision ambitieuse visant à renforcer les systèmes de santé africains et à positionner le continent comme un acteur clé de la santé mondiale.
Auguste Beugré
