Le Directeur général de Boeing pour l’Afrique, Henok Teferra Shawl, a indiqué que le carburant d’aviation durable (SAF) représente une opportunité stratégique majeure pour le continent, surtout qu’il permet une réduction de 80 % des émissions de gaz à effet de serre, rapporte le site Connection Ivoirienne, dans un article publié ce 10 décembre.
Selon lui, le SAF peut réduire jusqu’à 80 % les émissions de gaz à effet de serre tout en permettant aux économies africaines de conserver davantage de valeur ajoutée. Il rappelle que l’Afrique continue d’importer l’essentiel de son kérosène, une dépendance qui coûte des milliards chaque année et expose les compagnies aériennes aux fluctuations du marché pétrolier.
Henok Teferra Shawl explique que le développement d’une production locale de SAF pourrait réduire les désavantages structurels auxquels font face les transporteurs africains, à savoir les prix élevés du carburant, la faible concurrence et les volumes d'achat limités. Également, il a expliqué que, selon les projections de la Banque mondiale, l’Afrique subsaharienne enregistrera d’ici 2050 une forte croissance de sa population active, et que les chaînes de valeur du SAF pourraient devenir un moteur important de création d’emplois qualifiés, depuis la culture des matières premières jusqu’au raffinage.
Pour le DG de Boeing Afrique, le continent a les atouts nécessaires pour devenir un acteur industriel d’envergure dans le secteur du SAF. En combinant la création de marchés souverains de carburants durables, la modernisation des flottes et l’amélioration de l’efficacité opérationnelle, l’Afrique peut renforcer sa connectivité, stimuler son industrie et générer une croissance économique durable au bénéfice des populations.
Selon Association du Transport Aérien International-l’IATA, la production de SAF devra passer de 2 millions de tonnes en 2025 à environ 500 millions de tonnes dans les 25 prochaines années.
L’article rappelle que Boeing a participé à plusieurs études clés sur le SAF en Afrique, notamment en 2019 avec WWF Afrique du Sud et en 2023 avec la Table Ronde sur les Biomatériaux Durables (RSB). Ces travaux démontrent que des évaluations locales rigoureuses sont indispensables pour construire une filière durable.
A. Beugré
