Abidjan, le jeudi 11 décembre 2025 (SS)-Le plan d’action pour le commerce agroalimentaire de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) a été validé, lors d’une réunion conjointe des acteurs de l’agriculture et du commerce qui s’est tenue les 8 et 9 décembre 2025 à Addis-Abeba, en Éthiopie. Cette réunion de deux jours a rassemblé de hauts responsables techniques des ministères du Commerce et de l’Agriculture des États parties à la ZLECAf, des communautés économiques régionales, du secteur privé et des partenaires au développement, afin d’examiner et de valider le Plan d’action pour le commerce agroalimentaire.
Ce cadre global vise à faire progresser la dimension commerciale agricole de la ZLECAf, en mettant l’accent sur la promotion du commerce agroalimentaire intra-africain, le renforcement des chaînes de valeur régionales et le soutien à la transformation agro-industrielle. Cette initiative conjointe de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), de l’AGRA et de UK International Development vise à renforcer la coordination intersectorielle en mobilisant les points focaux des ministères de l’Agriculture et du Commerce, afin de favoriser une appropriation collective et une intégration plus poussée du Plan au niveau national et régional.
Lors de l'ouverture de la réunion lundi, S.E. Wamkele Mene, Secrétaire général du Secrétariat de la ZLECAf, a souligné que ce Plan d'action révisé pour le commerce agroalimentaire n'est pas un cadre abstrait, mais un outil concret conçu pour relier le potentiel de production de l'Afrique à ses marchés. Il a identifié les chaînes de valeur stratégiques et décrit les réformes nécessaires pour les exploiter, notamment la réduction des barrières non tarifaires, l'harmonisation des normes, l'amélioration de l'efficacité des contrôles aux frontières et l'investissement dans les infrastructures commerciales. Sa mise en œuvre effective exigera une étroite coordination entre les ministères chargés du Commerce et ceux chargés de l'Agriculture, ainsi qu'avec les Communautés économiques régionales, le secteur privé et une forte harmonisation des leviers politiques régissant la production et ceux régissant le commerce.
« En réunissant des représentants des deux secteurs, nous favorisons une approche unifiée, renforçant ainsi la cohérence nécessaire à une mise en œuvre efficace », a déclaré Janet Edeme, chef du département Agriculture, Développement rural, Économie bleue et Environnement durable de la Commission de l'Union africaine.
Dr Alexis Kabayiza, conseiller technique principal au ministère du Commerce et de l'Industrie de la République du Rwanda, a souligné l'importance cruciale de la collaboration entre les acteurs des secteurs agricole et commercial sur le plan national, régional et continental. Il a fait remarquer que la réussite collective repose sur des actions coordonnées, tenant compte des réalités du secteur privé et s'appuyant sur des solutions fondées sur les données. Dr Kabayiza a réaffirmé la volonté du Rwanda de continuer à promouvoir ce programme et de collaborer avec tous les États membres africains, afin de traduire le Plan d'action en bénéfices concrets pour les agriculteurs, les PME, les transformateurs et les consommateurs à travers l'Afrique. Le Rwanda est, à noter, le pays pilote dans ce processus.
Les mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) demeurent essentielles à la réalisation des engagements et stratégies continentaux, tels que l’Agenda 2063 de l’Union africaine et le Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (PDDAA). Ce dernier programme vise à transformer l’agriculture pour améliorer les conditions de vie sur le continent africain. Malgré l’adoption du Cadre politique SPS de l’UA, sa mise en œuvre en Afrique reste insuffisante. Le manque de sensibilisation à ce cadre sur le plan national et régional entrave son intégration et sa mise en œuvre efficace, ce qui provoque des maladies d’origine alimentaire, l’apparition de ravageurs, une baisse de la productivité et des difficultés d’accès aux marchés. Par ailleurs, la gestion des connaissances, le plaidoyer et la communication limités sur les mesures SPS freinent la diffusion de l’information et la sensibilisation des parties prenantes ; ce qui se traduit par un faible respect des consignes et un soutien insuffisant à ces mesures.
La mise en œuvre des mesures SPS est devenue une condition essentielle d'accès aux marchés alimentaires mondiaux et, de plus en plus, aux marchés intérieurs africains à forte valeur ajoutée. Il est donc primordial de sensibiliser le public et de communiquer efficacement sur les mesures SPS planifiées et en cours d’exécution par les différents acteurs du marché mondial.
L’Union africaine (UA) a adopté le SPS de l’UA, offrant une approche globale pour relever les défis auxquels sont confrontés les mécanismes de coordination SPS du continent. L’UA met activement en œuvre des activités et des initiatives liées au SPS, afin de renforcer les mesures SPS essentielles pour faciliter le commerce intrarégional sur le continent. Les mesures SPS sont vitales pour préserver la santé humaine, animale et végétale, garantir la sécurité sanitaire des aliments et faciliter les échanges commerciaux. Ces mesures visent à prévenir la propagation des maladies, des ravageurs et des contaminants, tout en facilitant le commerce sûr des produits agricoles et alimentaires.
