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3e Conférence de l'Association continentale africaine pour la protection des aliments (ACAFP) sur la sécurité alimentaire (communiqué de presse)

3e Conférence de l'Association continentale africaine pour la protection des aliments (ACAFP) sur la sécurité alimentaire (communiqué de presse)

Abidjan, le jeudi 11 décembre 2025 (SS)-La 3e Conférence de l'Association continentale africaine pour la protection des aliments (ACAFP) sur la sécurité alimentaire s'est tenue à l'Ogere Resort, à Ogere, au Nigéria, sur le thème « Renforcer les systèmes de sécurité alimentaire pour une meilleure santé publique, une compétitivité commerciale accrue et une croissance économique en Afrique ».

La conférence a réuni environ 200 participants venus de toute l'Afrique et d'ailleurs, représentant les secteurs public et privé, le monde universitaire et les institutions de recherche et de développement. Parmi les participants figuraient des délégués d'organisations régionales, de gouvernements nationaux, d'institutions internationales, d'entreprises privées et d'organismes d'enseignement et de recherche.

À travers des allocutions d'ouverture, des séances plénières, des présentations techniques et des affiches, ainsi que des expositions, les participants ont débattu des enjeux cruciaux de la sécurité alimentaire dans le contexte africain.

L’objectif de la conférence était de favoriser le dialogue, de promouvoir la mise en réseau et la collaboration, et de fournir des informations fondées sur la recherche, l’innovation et l’expérience pratique, afin de sensibiliser et de renforcer les systèmes de sécurité alimentaire en Afrique.

La conférence a souligné que :

• La sécurité sanitaire des aliments est un élément essentiel de la sécurité alimentaire. Elle englobe la maîtrise de la contamination microbienne, des risques physiques, de la fraude alimentaire et des contaminants chimiques, notamment les mycotoxines, les résidus de pesticides et d’antimicrobiens, ainsi que les métaux lourds. Des difficultés telles que le manque de sensibilisation, le faible respect des bonnes pratiques et la synergie limitée entre les acteurs concernés ont également été mises en évidence.

Les tests sont coûteux, ce qui souligne la nécessité de disposer de méthodes d'analyse abordables, fiables et adaptées. Il est essentiel d'améliorer l'accessibilité économique et matérielle de ces méthodes pour les différents acteurs du système alimentaire.

• Des efforts considérables ont été déployés pour développer et améliorer l'accès à des méthodes permettant aux pays africains de mieux détecter les dangers alimentaires et les maladies d'origine alimentaire, tant dans les produits alimentaires que dans le contexte africain au sens large.

Les initiatives visant à réduire l'incidence des risques alimentaires comprennent la sensibilisation accrue des parties prenantes, l'application de techniques de transformation traditionnelles telles que la fermentation et l'exploration d'autres méthodes susceptibles de réduire l'exposition des consommateurs aux agents pathogènes d'origine alimentaire.

Il subsiste toutefois une lacune importante en matière de sécurité alimentaire au sein du secteur informel prédominant. La conférence a souligné la nécessité d'intégrer ce secteur aux interventions en matière de sécurité alimentaire et d'élaborer des politiques fondées sur des données probantes qui l'incluent.

Les résultats des cartographies des parties prenantes, des évaluations de la sensibilisation et d'autres études en sciences sociales montrent que le secteur formel est nettement plus réglementé et contrôlé que les acteurs informels.

Des collaborations stratégiques et renforcées sont nécessaires pour traiter efficacement les questions de sécurité alimentaire. Un financement accru est également indispensable pour soutenir la recherche, compte tenu de son coût élevé.

• L’engagement communautaire est essentiel pour améliorer les pratiques en matière de sécurité alimentaire, renforçant ainsi l’idée que « la sécurité alimentaire est l’affaire de tous ». Le slogan « Si vous voyez quelque chose, signalez-le » a été mis en avant, ainsi qu’un appel à étendre l’éducation à la sécurité alimentaire à des lieux tels que les lieux de culte et les marchés, et à l’intégrer dans les études générales au sein des programmes scolaires.

Appel à l'action

• La sécurité sanitaire des aliments est essentielle à la survie humaine : l'Afrique supporte actuellement le fardeau mondial le plus lourd des maladies d'origine alimentaire, avec environ 91 millions de cas et 137 000 décès par an.

• Un changement de comportement est indispensable pour réduire l'incidence des maladies d'origine alimentaire. Pour y parvenir, des efforts coordonnés entre les secteurs public et privé, ainsi que les institutions de recherche et de développement, notamment au sein du secteur informel prédominant, sont nécessaires.

• Cohérence, collaboration et synergie sont impératives pour améliorer l'efficacité et minimiser les doublons. Cette démarche doit être impulsée par les acteurs du secteur public, notamment les agences gouvernementales, les universités, les instituts de recherche et les acteurs de la chaîne de valeur. Une approche « Une seule santé » est essentielle pour aborder les enjeux de sécurité sanitaire des aliments à l'intersection de la sécurité alimentaire, de la sécurité sanitaire et de la sécurité des aliments.

Les institutions publiques nationales et infranationales doivent renforcer leurs cadres politiques, afin d’améliorer la diffusion et la mise en œuvre, au niveau local, des mesures de sécurité sanitaire des aliments.

Un financement adéquat est essentiel à la recherche, à la mise en œuvre des programmes et à la production des données nécessaires à l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes. Les gouvernements (à tous les niveaux) et les acteurs du secteur privé devraient contribuer à ce financement en intégrant la sécurité sanitaire des aliments à leurs priorités d’investissement, afin de mieux protéger la santé publique.

La sécurité alimentaire doit être une priorité en matière de santé publique et de commerce, intégrant des approches tenant compte des jeunes et des questions de genre afin de garantir l’inclusion et la durabilité.

• Les analyses demeurent un pilier d’une gestion efficace de la sécurité alimentaire. Il convient d’explorer des stratégies novatrices, telles que le partage d’installations et l’adoption de méthodes d’analyse adaptées, afin d’élargir l’accès aux analyses.

La transformation des résultats de la recherche en connaissances accessibles et adaptées aux différents niveaux d’alphabétisation est nécessaire pour soutenir les groupes sous-représentés, notamment les agriculteurs, les commerçants, les transformateurs et les agrégateurs.

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