Santé

Sénégal : une baisse de plus de 50 % de la mortalité maternelle grâce aux soins maternels respectueux de l’OMS

Sénégal :  une baisse de plus de 50 % de la mortalité maternelle grâce aux soins maternels respectueux de l’OMS

Abidjan, le mercredi 21 janvier 2026(SS)-En moins d’une décennie, le Sénégal a réalisé des progrès majeurs dans la réduction de la mortalité maternelle. Le taux est passé de 392 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2015 à 153 en 2023, soit une baisse de plus de 50 %. Et ce, grâce à l’introduction des soins maternels respectueux (SMR), initiés par le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique (MSHP) du Sénégal avec l’appui de l’OMS et un partenaire financier.

Selon Dr Ousmane Dieng, expert en santé maternelle et néonatale au bureau de l’OMS au Sénégal, l’approche SMR vise à replacer la dignité, le bien-être émotionnel et les choix des femmes au cœur de la prise en charge, en allant au-delà du seul objectif de survie.

Il soutient, en outre, que l’objectif va bien au-delà de la survie ; il s’agit d’offrir à chaque femme une expérience positive où elle se sent écoutée, informée et pleinement actrice de son accouchement.

Les SMR reposent sur trois piliers essentiels : la préparation des femmes enceintes à l’accouchement, l’utilisation du Guide de gestion du travail d’accouchement par le personnel de santé et l’accompagnement psychologique des femmes tout au long de la grossesse et pendant l’accouchement.

Dans la banlieue de Dakar, au centre de santé de référence de Yeumbeul, cette approche est mise en œuvre depuis deux ans.

Un mercredi sur deux, les femmes enceintes à partir du sixième mois de grossesse participent à des séances de préparation à l’accouchement animées par les sage-femmes. A ces rencontres, les aspects biologiques de la grossesse, les signes d’alerte, les positions d’accouchement, les techniques de respiration, les exercices de mobilité et les soins aux nouveau-nés sont abordés.

Cette approche intégrée contribue à améliorer simultanément la qualité des soins et l’expérience des femmes, souligne l’OMS.

Quarante-cinq sage-femmes y ont été formées et plus de 430 femmes accompagnées.

Toutefois, au-delà des chiffres, la qualité de l’expérience vécue par les femmes lors de l’accouchement demeure un défi important, précise l’organisation mondiale de la Santé.

Après une phase pilote menée entre 2019 et 2023, l’initiative a été étendue depuis novembre 2023 à l’ensemble des structures de santé du district sanitaire de Yeumbeul Nord et Sud. L’intégration de modules dédiés à la gestion du stress et à la santé mentale des sage-femmes, a permis à l’OMS de former 235 professionnels de santé. Au-delà des procédures techniques, l’accent est mis sur la communication, l’adaptation à chaque femme et le bien-être du personnel soignant.

L’OMS explique que la préparation à la naissance, combinée à l’utilisation du nouveau Guide de gestion du travail d’accouchement, contribue également à réduire les décès maternels et néonatals. Cet outil facilite la surveillance du travail, permet de détecter précocement les complications et favorise une prise en charge plus humanisée.

Gnima Sonko, maîtresse sage-femme au centre de santé de Yeumbeul soutient : « Les séances de préparation avec les femmes enceintes permettent de mieux anticiper leurs besoins et de construire une relation de confiance ».

Cette approche intégrée transforme durablement l’expérience de l’accouchement au Sénégal. Car, « chaque femme mérite de vivre son accouchement dans la dignité et la sécurité. C’est un droit fondamental, pas un privilège », fait savoir Dr Michel Yao, Représentant résident de l’OMS au Sénégal.

À noter que 2 700 sage-femmes ont bénéficié de formation à l’échelle nationale, précise l’organisation mondiale de la Santé.

Rish Koffi

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