Santé

Sénégal : Drepaf, premier médicament générique africain, contre la drépanocytose chez les enfants et les adultes

Sénégal : Drepaf, premier médicament générique africain, contre la drépanocytose chez les enfants et les adultes

Abidjan, le mardi 6 janvier 2026(SS)-Dans un article publié en novembre 2025, le journal français Le Monde.fr révèle la mise en production du Drepaf, un médicament destiné à la lutte contre la drépanocytose chez les enfants et les adultes en Afrique. Ce traitement est désormais conditionné au Sénégal, une première sur le continent africain.

Le Drepaf est un médicament générique de l’hydroxyurée, développé par le laboratoire indien Globela. Pour la première fois, sa production est assurée en Afrique, précisément à Dakar, au sein du laboratoire sénégalais Teranga Pharma. La propriété intellectuelle du médicament appartient à l’ONG française Drep.Afrique. Selon Le Monde.fr, son utilisation pourrait permettre de diviser par trois la mortalité liée à la drépanocytose.

« C’est une grande révolution qui se prépare », se réjouit Mouhamadou Sow, directeur général de Teranga Pharma. À Mbao, dans la banlieue de Dakar, les équipes du laboratoire se disent également « fières » de contribuer à la fabrication d’un médicament conçu par des Africains pour des Africains, une première dans l’industrie pharmaceutique du continent.

Avant l’introduction du Drepaf 100 mg, aucune forme pédiatrique d’hydroxyurée n’était disponible au Sénégal, souligne M. Sow.

« Les traitements soignaient seulement les conséquences de la maladie, avec du fer et des antidouleurs », précise-t-il. Pour lui, l’arrivée du Drepaf vient ainsi combler un quasi-vide thérapeutique dans la prise en charge de cette maladie génétique héréditaire, qui affecte les globules rouges et provoque, quelques mois après la naissance, une anémie sévère et des douleurs osseuses intenses.

Jusqu’à cette date, seul l’Hydrea, également à base d’hydroxyurée, était disponible, mais son coût élevé (trois fois supérieur à celui du Drepaf) et les fréquentes ruptures de stock l’ont rendu inaccessible à de nombreux patients.

Selon les autorités sanitaires, seuls 17 % des malades sénégalais bénéficient actuellement d’un traitement à base d’hydroxyurée.

Mouhamadou Sow explique avoir lancé ce projet dès 2021, après qu’un ami a vu son parcours universitaire perturbé par la drépanocytose. Ce pari, qu’il qualifie de « souverainiste », s’inscrit dans la dynamique portée par les nouvelles autorités sénégalaises.

L’objectif était de proposer un médicament vendu à prix coûtant, jusque-là inexistant sous forme pédiatrique sur le continent, rapporte le site d’information en ligne du quotidien Le Monde.

Dans sa version destinée aux enfants, le Drepaf est commercialisé à 1 500 francs CFA (2,30 euros) pour un mois de traitement.

Selon le site d’information sénégalais Seneweb, avant même son lancement officiel le mercredi 19 novembre au Sénégal, 16 000 boîtes avaient déjà été distribuées. Teranga Pharma prévoit d’augmenter la production dès janvier 2026 afin de garantir un approvisionnement régulier et envisage d’étendre la distribution aux pays voisins.

Le quotidien français indique par ailleurs, que des commandes ont déjà été enregistrées au Niger, tandis que les trois quarts des grossistes pharmaceutiques du Sénégal ont été approvisionnés. Cette dynamique fait naître un espoir concret pour les 50 000 Sénégalais atteints de cette forme d’anémie, ainsi que pour les millions de malades à travers le continent.

À l’hôpital Dalal Jamm de Dakar, établissement de référence, la professeure Seynabou Fall se réjouit de cette avancée. Près de la moitié de ses patients en hématologie sont suivis pour une drépanocytose, soit environ un millier de personnes chaque année.

« On l’attend depuis tellement longtemps », confie-t-elle, estimant que le Drepaf aura un impact immédiat, notamment en réduisant les syndromes thoraciques aigus, principale complication et cause majeure de mortalité chez les drépanocytaires. Les hospitalisations devraient également diminuer.

Désormais disponible au Sénégal, le Drepaf constitue une avancée majeure dans la prise en charge de la drépanocytose. Conditionné localement par Teranga Pharma, il est accessible à moindre coût et utilisable chez les enfants dès l’âge de neuf mois. Cette innovation intervient dans un contexte où environ 10 % de la population sénégalaise est porteuse du gène drépanocytaire, rendant indispensable une prise en charge précoce et continue.

L’Afrique concentre près de 66 % des cas mondiaux de la maladie. Chaque année, 400 000 bébés naissent avec la drépanocytose sur le continent, dont 2 000 au Sénégal, et la moitié d’entre eux décèdent avant l’âge de 10 ans, rappelle Le Monde.fr.



Rish Koffi

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