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Géologie et impacts météoritiques : Dr Cheikh Amadou met en lumière le potentiel inédit des données radiométriques

Géologie et impacts météoritiques : Dr Cheikh Amadou met en lumière le potentiel inédit des données radiométriques

Bamako, le mardi 13 janvier 2026(SS)-Soutenue le 26 février 2022 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), plus précisément à l’École doctorale Physique-Chimie, Sciences de la Terre, de l’Univers et de l’Ingénieur, la thèse de Cheikh Amadou Niang marque une avancée scientifique majeure dans l’étude des structures d’impact météoritiques. Intitulée « Signatures radiométriques des structures d’impact : applications et perspectives pour l’exploration géologique », cette étude ouvre de nouvelles voies sur l’identification et l’analyse des cratères (trou créé par la détonation d'une charge explosive dans la roche) d’impact sur Terre et au-delà.

Les données radiométriques, issues de mesures aéroportées ou réalisées directement sur le terrain, permettent d’estimer les concentrations de potassium (K), thorium (Th) et uranium (U) dans le sol, le régolithe et les roches. Ces données constituent depuis longtemps un outil clé pour la cartographie géologique et l’exploration minière. Cependant, contrairement à d’autres méthodes géophysiques largement utilisées telles que la gravimétrie, le magnétisme ou la sismique, la radiométrie a été très peu exploitée dans l’étude des structures d’impact météoritiques. La thèse de Cheikh Amadou Niang propose une solution pour combler ce vide scientifique en proposant la première analyse systématique des signatures radiométriques associées aux cratères d’impact ainsi qu’une réflexion approfondie sur les mécanismes responsables de la redistribution du K, du Th et de l’U après un impact.

Des études de cas sur plusieurs continents

Le travail de recherche s’appuie sur une analyse comparative de structures d’impact situées sur trois continents : cinq cratères en Australie, l’astroblème de Rochechouart en France et le cratère de Bosumtwi au Ghana. Les résultats montrent que les signatures radiométriques observées dans ces structures sont principalement contrôlées par deux facteurs majeurs : la déformation de la croûte terrestre induite par l’impact météoritique et les processus de surface (érosion, altération, formation du régolithe), fortement influencés par la topographie du cratère.

Dans le cas de l’astroblème de Rochechouart en France, les données radiométriques ont permis de cartographier un enrichissement significatif en potassium au sein des impactites. Cette anomalie est interprétée comme la conséquence d’une activité hydrothermale ayant affecté les roches fondues après l’impact météoritique. Ces résultats apportent un éclairage nouveau sur les processus post-impact, montrant que les structures d’impact peuvent être le siège de circulations hydrothermales capables de modifier durablement la composition géochimique des roches.

Au cratère de Bosumtwi au Ghana, la thèse apporte une réponse attendue depuis près de vingt ans : l’origine de l’anomalie en potassium détectée dans cette structure. En combinant observations de terrain et analyses des concentrations en béryllium (Be), un nucléide cosmogénique, Cheikh Amadou Niang démontre que cette anomalie n’est pas due à un enrichissement magmatique ou hydrothermal. Pour lui, elle est due à une érosion différentielle de la structure. Celle-ci résulte de la topographie initiale du cratère en interaction avec les processus d’altération des roches et de formation du régolithe. Au-delà de l’aspect géologique, les travaux de terrain ont mis en évidence une forte similitude entre les éjectas de Bosumtwi et les éjectas lobés ou fluidisés observés sur Mars et d’autres corps du Système solaire. Cette découverte confère au cratère de Bosumtwi le statut d’analogue planétaire, faisant de ce site africain un laboratoire naturel de premier plan pour les planétologues, désireux de mieux comprendre les mécanismes de mise en place de ces morphologies d’éjectas observées sur les planètes telluriques.

Des perspectives prometteuses pour l’exploration géologique

Les résultats de cette thèse valident l’hypothèse selon laquelle les données radiométriques peuvent être utilisées comme un outil efficace pour la détection de nouvelles structures d’impact ; précisément dans les régions tropicales, où la végétation dense et l’altération intense masquent souvent les indices géologiques classiques.

Par cette contribution scientifique originale et ambitieuse, Cheikh Amadou Niang positionne la radiométrie comme une méthode clé de l’exploration géologique moderne avec des retombées potentielles pour la géologie terrestre, la recherche minière et la planétologie.

Fabrice Nouzianyovo

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