Abidjan, le mercredi 10 décembre 2025(SS)-L’épidémie du Sida connaît un recul en Côte d’Ivoire. Entre 2010 et 2024, une réduction des nouvelles infections au VIH de 67% et de 75% pour les décès liés au SIDA, soutient une note d’information consultée par la rédaction. Avec un taux de prévalence du VIH qui est passé de 3,4% en 2011 à 1,7% en 2024. Une bonne nouvelle pour le pays qui entend réduire considérablement l’avancée de la la pandémie en 2030.
Dans le cadre de la lutte, plusieurs programmes dont le Programme National de prise en charge des Orphelins et autres Enfants rendus Vulnérables du fait du VIH/Sida (PN-OEV) sont déployés. Ce programme national a pour mission spécifique de développer la politique nationale de prise en charge de l’offre de soins et soutiens aux Orphelins et autres Enfants rendus Vulnérables du fait du VIH/Sida (OEV) de 0 à 24 ans et leurs familles.
Les résultats du PN-OEV créé en 2003 et placé sous la tutelle du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant sont significatifs. Selon les chiffres du bilan gouvernemental 2011-2025, ce sont 177 717 OEV qui ont été pris en charge en 2024 contre 125 785 en 2011.
Le nombre de personnes bénéficiaires d’une couverture sanitaire est de 78 060, soit 72,20% en 2020 à 98,2% en 2024. En ce qui concerne la prise en charge psycho-sociale, ce sont 85 437 bénéficiaires dont 65 953 enfants et jeunes, et 19 484 parents.
Au plan nutritionnel, une réduction d’environ 63% des cas de malnutrition chez les OEV accompagnés par le programme. 1383 personnes ont bénéficié d’un soutien en vivres et non vivres. 40185 enfants et adolescents ont été scolarisés. Le taux de scolarisation pour ces enfants est passé de 63,5% à 87,3% de 2020 à 2024. 8367 jeunes ont été accompagnés vers l’insertion professionnelle ou l’apprentissage.
« En matière d’innovation, nous avons introduit un programme de renforcement économique et d’autonomisation des OEV et de leurs familles à travers l’octroi de bourses d’études et de fonds pour des activités génératrices de revenus depuis 2022. Par exemple, cette année, ce sont 20 ménages qui ont été financés à hauteur de 4 millions et 20 adolescentes de 18 à 24 ans formées en cosmétique qui sont devenues des opératrices économiques », a relevé la ministre Nassénéba Touré dans un entretien accordé au CICG.
Environ 5 milliards de FCFA ont été mobilisés de 2023 à 2025 par l’État et ses partenaires pour assurer cette prise en charge globale. Et pour 2026, le ministère cible 180 000 enfants, puis 207 000 bénéficiaires en 2027.
Cette extension pose la question de la durabilité financière des interventions. Le programme explore de nouvelles pistes de financement dont le système de parrainage. Il faut préciser que ce programme a permis de mieux coordonner les différentes interventions (services sociaux, cliniques, acteurs communautaires…). Lequel est soutenu par 23 ONG nationales et internationales et des partenaires privés.
Ce programme, en plus de toutes les autres initiatives souligne l’engagement du gouvernement à faire de l’accès aux soins un droit pour tous. Et cette exigence passe par une remobilisation des décideurs et des partenaires pour maintenir les acquis.
Le gouvernement ivoirien, face aux nouveaux défis liés au financement s’est engagé en juillet 2025, lors du Conseil national de lutte contre le sida à mobiliser des ressources domestiques pour combler les gaps financiers causés par le retrait progressif de certains partenaires techniques et financiers.
Rappelons que la 38ᵉ Journée mondiale de lutte contre le sida célébrée le 1er décembre avait pour thème « Surmonter les perturbations, transformer la riposte au sida ».
La rédaction
