Abidjan, le dimanche 15 mars 2026(SS)-« Le projet de création d’un institut spécialisé en cardiologie à Abidjan est une réponse aux difficultés d'évacuations sanitaires à l'étranger », a déclaré Charles‑Philippe Zobo, cardiologue, angiologue et hypertensiologue et directeur général de l'Institut cœur de grâce d'Abidjan, à l'occasion d'une conférence de presse tenue le vendredi 13 février 2026, à Abidjan. Elle fait suite aux premières interventions chirurgicales cardiaques réalisées par ce centre hospitalier les 7, 8 et 9 février 2026.
Selon lui, l’idée a germé en 2012, après son retour de France.
« L’idée m’est venue en 2012 ; lorsque je suis revenu de France. Nous avions entamé des évacuations sanitaires et je me suis alors demandé si nous allions passer notre temps à transférer les malades à l’étranger ou plutôt construire un centre capable de les prendre en charge ici », a-t-il expliqué.
La réflexion autour de ce projet débute véritablement en 2013 et 2014 avec le professeur Pascal Leprince, chef du service de chirurgie cardio-thoracique à l’Hôpital de la Pitié‑Salpêtrière de France et président du comité scientifique de l’institut.
« J’ai élaboré le business plan en 2015, mais ce n’est qu’en 2021 que nous avons obtenu le financement », fait-il savoir. Au fil du projet, le professeur Alexandre Ouattara, chef du service de réanimation-anesthésie cardiovasculaire au CHU de Bordeaux, a également rejoint l’initiative.
Pour Dr Zobo, la création de cet institut répond surtout aux coûts très élevés et aux contraintes des évacuations sanitaires.
« Une évacuation sanitaire coûte au minimum 45 000 euros, soit environ 29 518 065 FCFA, sans compter d’éventuelles complications médicales. En cas de complication nécessitant la location d’un avion médicalisé, la facture peut atteindre entre 90 000 euros(environ 59 003 613 FCFA) et 120 000 euros (environ 78 714 840 FCFA) », a ajouté Charles‑Philippe Zobo.
Même dans le cas d’un vol commercial, des aménagements particuliers sont nécessaires. « Il faut installer un lit à l’arrière de l’avion, ce qui coûte entre 15 000 euros (environ 9 839 355 FCFA) et 25 000 euros (environ 16 398 925 FCFA). Il faut aussi prévoir une équipe médicale pour suivre le patient pendant le voyage, gérer les procédures administratives et s’adapter aux conditions climatiques du pays d’accueil », a-t-il insisté.
Face à ces difficultés, le directeur général se réjouit aujourd’hui de l’aboutissement du projet. C’est pourquoi, l’institut met un accent particulier sur le capital humain et entend renforcer l’offre de soins spécialisés en Côte d’Ivoire et dans la sous-région.
Doté d’un plateau technique de dernière génération, l’établissement constitue une véritable alternative aux traitements à l’étranger, notamment vers le Maroc, la Tunisie, la Turquie ou encore la France. Grâce à des partenariats stratégiques, il permettra aux patients de bénéficier localement de soins de haute qualité à un coût plus accessible.
Eugene YAO
