Abidjan, le jeudi 21 mai 2026(SS)- « Le diabète de type 2, qui survient généralement chez le sujet âgé (45-60 ans), et l’hypertension artérielle sont des cousins germains. Une association de malfaiteurs qui ont un ancêtre commun qui s’appelle l’insulino-résistance, c’est-à-dire le même mécanisme pathophysiologique entraînant le diabète », a déclaré Pr Félix Aka Kouamé, diabétologue, avec des expressions imagées. C’était lors de la journée Pré-JMHTA organisée, le 16 mai 2026, par la Fondation Cœur citoyen, en marge de la Journée mondiale de l'hypertension artérielle 2026. L'événement a eu lieu à la clinique du Centre médical Saint-Sauveur Miséricordieux, à Yopougon (Abidjan).
Au cours de cette rencontre, le spécialiste a présenté une communication sur le thème : « Le contrôle tensionnel est-il bénéfique pour le diabétique de type 2 ? ».
Justifiant ces propos, il a indiqué que, c’est le même mécanisme qui entraîne l’hypertension artérielle, soit les deux maladies surviennent simultanément ou bien (1/10), soit l’hypertension vient en premier suivie du diabète et vice-versa (4 à 5/10) créant ainsi un cercle vicieux.
« Lorsque les deux se mettent ensemble, ils accélèrent les complications à la fois du diabète et de l’hypertension sur les organes nobles tels que le rein, le cerveau, le cœur, augmentant ainsi le risque de mourir de maladies cardiovasculaires, ou de mortalité globale ou encore de faire des événements cardiovasculaires tels que les infarctus, l’AVC ainsi qu’une insuffisance cardiaque. C’est pourquoi, on les appelle le couple maudit, cette association épidémiologique », a-t-il ironisé.
A l’en croire, l’hypertension joue un rôle clé dans la complication du diabète. « Les études montrent que la plupart des malades diabétiques sont hypertendus », a confié le diabétologue.
Il a donc invité le patient diabétique ayant une glycémie normale à faire également le contrôle de l’hypertension artérielle, afin d’avoir des chiffres corrects pour éviter les complications à l’avenir.
Pour le Pr Aka Félix, il faut traiter efficacement et très tôt l’hypertension artérielle, surtout chez les patients diabétiques pour faire baisser le taux de prévalence au niveau national.
« Aujourd’hui des médicaments existent pour faire baisser la tension, protéger le rein, le cerveau, le cœur », a-t-il fait savoir, proposant la démocratisation de la prise en charge de l’hypertension artérielle par les professionnels de la santé.
Professeur Félix Aka Kouamé, à ne pas confondre avec Dr Aka Félix (naturothérapeute), est médecin- endocrinologue, diabétologue, chef de service du Centre anti-diabétique d’Abidjan (CASA).
Eugène YAO
