Abidjan, le mardi 26 mai 2026(SS)-Dans le cadre de la lutte contre l’hypertension artérielle, la Fondation cœur citoyen a organisé sa traditionnelle journée scientifique dénommée Pré-JMHTA autour du thème : "Maîtriser l’Hypertension artérielle ensemble », le samedi 16 mai 2026, au Centre médical Saint sauveur miséricordieux de Yopougon.
L’un des temps forts de cette rencontre qui a réuni spécialistes et professionnels de la santé était la question du lien entre l’hypertension et la grossesse (l’hypertension gestationnelle et la prééclampsie).
Pr Tia Mélanie, néphrologie au Chu de Bouaké et présidente de l’Association ivoirienne de néphrologie, a invité les professionnels de la santé, notamment les sages femmes et les gynécologues à l’usage systématique de la bandelette urinaire à 10 paramètres pour la protéinurie, au lieu de 2 comme par le passé, lors du premier trimestre et pendant le dernier trimestre de la grossesse.
« La protéinurie est l'examen de l’urine qui permet de dépister une maladie rénale, atteinte des reins, diabète, hypertension), afin de mieux apprécier la gravité de la pathologie et d’assurer la prise en charge du patient. », a-t-elle expliqué.
Justifiant ses propos, la néphrologue a précisé que pour le premier trimestre, il s’agît de rechercher les facteurs de risques, voir si la patiente a un antécédant d’hypertendu avant de contracter la grossesse, de sorte à organiser une meilleure prise en charge. Et pour le dernier trimestre, ce test permet d’évaluer le niveau de traitement, faire des traitements préventifs ou minimiser ses effets et voir les possibilités d’accouchement de la mère par voie basse ou césarienne.
Pr Tia a également tenu à encourager les professionnels de la santé à faire un suivi des mères, 20 semaines au lieu de 6 semaines comme cela est fait traditionnellement, après l’accouchement afin d’améliorer le pronostic vital de la mère. A en croire la spécialiste, ceci permet d’éviter davantage de mortalité maternelle qui est de 100 pour 100 000 accouchements. « C’est trop », a -t-elle déploré. Ce, malgré les efforts de l’Etat pour baisser ce chiffre au niveau national.
Dans sa communication sur le thème « HTA et grossesses », Pr Koffi Abdoul, maître de conférences, agrégée gynécologie-obstétricien, a indiqué que c’est une situation qui est à l’origine de complications viscérales, après l’hémorragie.
« Cette association HTA et grossesse constitue la deuxième cause de mortalité maternelle, avec des conséquences graves sur l'enfant. Lorsqu'une femme enceinte fait une prééclampsie son pronostic vital est engagé », a-t-il soutenu. Avant d’ajouter que les causes de cette pathologie sont généralement, l’obésité, les grossesses répétées, l'âge de la mère (trop jeune ou âgée) etc.
Rappelons que cette journée s’inscrit dans la dynamique de la journée mondiale de l'hypertension artérielle (HTA), célébrée le 17 mai de chaque année.
Eugène YAO
