Abidjan, le mercredi 1er avril 2026(SS)-Deux conférenciers, Michaël Luciano Tantely, chercheur à l’Institut Pasteur de Madagascar (IPM), et Diego Ayala, chef de l’unité d’entomologie médicale à l’IPM et chercheur à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), ont déconseillé l’éradication des moustiques au risque de créer un déséquilibre important dans la biodiversité mondiale, susceptible d’affecter la chaîne alimentaire et la croissance, informe SciDev.Net.
Selon le site d’information scientifique, lors d’une conférence tenue à l’Institut français de Madagascar à Antananarivo, Michaël Luciano Tantely a souligné que l’éradication des moustiques serait une grande perte pour la biodiversité et la nature, voire pour l’humanité.
L’expert soutient : « Les moustiques jouent le rôle de pollinisateurs comme les abeilles et les fourmis. Ils se nourrissent du nectar des plantes, de ce fait, ils transportent le pollen d’une plante à une autre ». Il ajoute que les abeilles sont incapables de s’introduire dans les fleurs des cacaoyers. Etant donné leur taille, les moustiques, avec les fourmis, sont les pollinisateurs désignés de ces plantes.
Diego Ayala indique que les moustiques adultes constituent aussi des repas pour les araignées, les chauves-souris, entre autres. Par ailleurs, Andriamanana Rabearivelo, président-fondateur d’une ONG dédiée à la protection des chauves-souris et des roussettes, confie que chaque microchiroptère (chauve-souris) avale jusqu’à 500 individus de moustiques par nuit.
Les deux chercheurs soulignent également la présence de larves de moustiques en milieux aquatiques, servant d’aliments pour les poissons et les grenouilles.
SciDev.Net rapporte en outre que les moustiques contribuent à améliorer la potabilité de l’eau en milieu aquatique, car leurs larves absorbent les substances nuisibles ou les algues contenues dans l’eau. De la même manière, précisent ces experts, les juvéniles aident à éliminer les résidus de pesticides et d’insecticides utilisés dans l’agriculture, qui s’accumulent dans les bas-fonds.
Par ailleurs, Diego Ayala explique que les moustiques chassent pendant un certain temps dans l’année les troupeaux d’herbivores qui exercent une forte pression sur les zones de pâturage, permettant ainsi aux végétations de ces zones de se régénérer.
Dès lors, ces chercheurs estiment que le maintien des moustiques dans la nature, à l’instar de tous les autres animaux, est nécessaire pour assurer l’équilibre des écosystèmes, même si des espèces transmettent aux humains des maladies dangereuses.
Les moustiques sont à l’origine de maladies telles que le paludisme, la dengue et la fièvre jaune, qui tuent chaque année près d’un million de personnes dans le monde, dont la majorité en Afrique, rappelle SciDev.Net.
Rish Koffi
