Santé

En Chine, le Mali impressionne par son modèle de santé communautaire et sa politique d’accès aux soins

En Chine, le Mali impressionne par son modèle de santé communautaire et sa politique d’accès aux soins

Bamako, le mercredi 17 juin 2026(SS)-À l’occasion de l’avant-dernière journée du Séminaire sur la santé médicale destiné aux pays africains francophones, le Mali a marqué les esprits ce mardi 16 juin 2026 en présentant un modèle de santé publique centré sur la proximité, la participation communautaire et l’accès équitable aux soins. Une communication qui a suscité l’admiration des experts chinois et des délégations africaines présentes à Taiyuan, dans la province du Shanxi en Chine.

Chaque pays était invité à répondre à une question fondamentale : « Comment soignez-vous votre peuple ? » En réponse à cette interrogation, la délégation malienne, conduite par Dr Modibo Doumbia, a choisi de mettre en lumière l’expérience du terrain plutôt que de s’en tenir à une présentation théorique des structures administratives.

Un système de santé ancré dans les communautés

Présentant l’architecture du système sanitaire national, le chef de la délégation a détaillé l’organisation pyramidale du dispositif malien, fondée sur trois niveaux complémentaires.

À la base se trouvent les 1 735 Centres de Santé Communautaire (CSCOM), gérés par les populations elles-mêmes à travers les Associations de Santé Communautaire (ASACO). Ce modèle de gouvernance participative permet aujourd’hui à une large majorité de Maliens d’accéder à des soins de premier recours à proximité de leur lieu de résidence.

« Grâce à ce maillage territorial, près de 80 % des consultations sont réalisées à moins de cinq kilomètres du domicile des patients », a souligné Dr Modibo Doumbia. Le deuxième niveau est constitué des Centres de Santé de Référence (CSRéf), tandis que le troisième regroupe les hôpitaux régionaux et les Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) chargés de la prise en charge des cas complexes et spécialisés.

Une politique sociale saluée par les participants

Au-delà de son organisation, c’est surtout la politique malienne d’accès aux soins qui a retenu l’attention des participants. La délégation a mis en avant plusieurs mesures de gratuité ciblée, notamment la prise en charge des urgences et des blessés ; la gratuité de la césarienne pour la protection de la santé maternelle ; la mise à disposition gratuite des antirétroviraux pour les personnes vivant avec le VIH ; la prise en charge du paludisme chez les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. « Accoucher ne doit pas tuer au Mali », a rappelé la délégation, illustrant ainsi la volonté des autorités de réduire les décès maternels et infantiles.

Dans un contexte africain où le coût des soins demeure souvent un frein majeur à l’accès aux services de santé, plusieurs experts ont qualifié cette orientation de « politique du courage », saluant les efforts consentis pour protéger les populations les plus vulnérables. Selon les observateurs, la présentation malienne a dépassé le simple cadre organisationnel pour mettre en évidence une véritable vision de la santé publique. Les participants ont également salué la capacité du système malien à maintenir les services essentiels, malgré les défis sécuritaires, les crises sanitaires et les contraintes économiques.

Des réformes reconnues à l’international

Les participants ont apprécié les avancées enregistrées dans le domaine de la gouvernance hospitalière ainsi que la mise en place d’un système national d’accréditation des établissements de santé et des laboratoires d’analyses biomédicales. Les performances d’institutions telles que le Centre d’Infectiologie Charles Mérieux (CICM) et le Laboratoire National de la Santé (LNS) ont été particulièrement mises en avant par les partenaires chinois et les autres délégations africaines. La délégation malienne a présenté les grandes réformes engagées pour renforcer davantage le système de santé national, à savoir les États Généraux de la Santé ; la modernisation des infrastructures sanitaires ; la mise en œuvre du plan de performance hospitalière ; le Projet présidentiel d’urgence hospitalière et la construction de nouveaux hôpitaux à travers le pays. Autant d’initiatives destinées à améliorer la qualité des soins et à rapprocher davantage les services de santé des populations.

À Taiyuan, le Mali n’a pas seulement exposé son système de santé ; il a démontré qu’un modèle fondé sur la participation communautaire, la solidarité et la proximité peut constituer une source d’inspiration pour de nombreux pays confrontés aux mêmes défis sanitaires.

Fabrice Nouzianyovo

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