Bamako, le mercredi 21 janvier 2026(SS)-Une étude scientifique publiée en 2025 dans la revue Pharmacopée et médecine traditionnelle africaine (Vol. 24, No 2) par Olive-Noëlie Bleou et ses collaborateurs apporte de nouveaux éléments en faveur des vertus thérapeutiques du Moringa oleifera, une plante largement utilisée dans la médecine traditionnelle africaine.
Face aux effets délétères du stress oxydatif, du vieillissement et des traitements anticancéreux sur les cellules souches hématopoïétiques, essentielles à la production des cellules sanguines, les chercheurs se sont intéressés au potentiel régénérateur naturel du moringa. Riche en antioxydants et en composés bioactifs, cette plante est souvent présentée comme un « arbre miracle » dans de nombreuses régions d’Afrique et d’Asie du Sud.
L’étude a été menée sur vingt rats mâles Wistar, répartis en quatre groupes. Un groupe témoin a reçu uniquement de l’eau distillée tandis que les trois autres groupes ont été traités par gavage oral avec un extrait aqueux de feuilles de Moringa oleifera, à des doses respectives de 100, 200 et 300 mg/kg de poids corporel, pendant une durée de 21 jours. À l’issue de l’expérimentation, les chercheurs ont analysé les cellules souches présentes dans la moelle osseuse des fémurs et des tibias. Le comptage cellulaire, réalisé à l’aide d’une chambre de Neubauer, a révélé des résultats significatifs.
Les données montrent une augmentation notable du nombre de cellules souches médullaires chez les rats ayant reçu l’extrait de moringa, comparativement au groupe contrôle. Cette prolifération cellulaire observée suggère un effet stimulant direct de l’extrait aqueux sur la régénération de la moelle osseuse. Selon les auteurs, ces résultats soutiennent scientifiquement l’usage traditionnel du Moringa oleifera comme plante régénératrice et protectrice contre le stress oxydatif. Bien que prometteurs, soulignent les chercheurs, ces résultats nécessitent d’être approfondis. Des études moléculaires complémentaires seront indispensables pour comprendre précisément les mécanismes biologiques impliqués et évaluer une éventuelle application clinique chez l’homme.
Cette étude marque néanmoins une étape importante dans la valorisation scientifique des plantes médicinales africaines et ouvre la voie à de nouvelles stratégies naturelles pour soutenir la régénération cellulaire et la santé hématologique.
Fabrice Nouzianyovo
