Abidjan, le mardi 21 juillet 2026(SS)-Entre le 20 et le 22 juin 2026, cinq pays d’Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Bénin, le Togo et le Nigeria ont été frappés par des pluies diluviennes d’une intensité exceptionnelle. Ces intempéries ont provoqué des inondations meurtrières et révèlent, selon l’étude de World Weather Attribution publiée le 16 juillet dernier, l’impact aggravant du changement climatique sur la région côtière du Golfe de Guinée.
L’étude indique que certaines villes ont reçu plus de 140 mm de précipitations en moins de 24 heures, submergeant les systèmes de drainage et entraînant des crues soudaines. Le bilan humain est lourd : au moins 34 morts au Ghana, 5 au Togo et 59 en Côte d’Ivoire. Ces chiffres traduisent la violence des intempéries et leur impact direct sur les populations.
Les chercheurs mettent en avant le rôle de l’urbanisation rapide et souvent anarchique, qui réduit la capacité naturelle de drainage et accroît la vulnérabilité des habitants. La croissance démographique et l’expansion urbaine, sans infrastructures adaptées, exposent davantage les populations aux risques. Le climatologue béninois Michel Boko souligne que les constructions dans les lits d’eau obstruent les voies naturelles de l’eau, aggravant ainsi les inondations.
La chercheuse Joyce Kimutai insiste sur le fait que le réchauffement d’origine humaine intensifie ces phénomènes pluvieux. L’étude montre que la probabilité d’un épisode de trois jours de fortes pluies est désormais cinq fois plus élevée qu’avant l’ère industrielle, avec une intensité accrue de 23 %. Elle appelle à une coopération internationale pour renforcer la résilience climatique et soutenir les pays les plus vulnérables face à un problème dont ils ne sont pas responsables.
Les chercheurs avertissent que la croissance démographique et l’urbanisation continueront d’augmenter la vulnérabilité des villes côtières, rendant indispensable la mise en place de solutions d’adaptation et de systèmes d’alerte précoce.
Médéric Beugré
