Santé

Hypertension artérielle : les professionnels de la santé invités à une approche personnalisée des patients

Hypertension artérielle : les professionnels de la santé invités à une approche personnalisée des patients

Abidjan, le lundi 18 mai 2026(SS)-En prélude à la journée mondiale de l'hypertension artérielle (HTA), célébrée chaque 17 mai de l’année, la Fondation cœur citoyen a organisé sa traditionnelle Pré-journée scientifique autour du thème : "Maîtrise de l'Hypertension artérielle ensemble », le samedi 16 mai 2026, au Centre médical Saint sauveur miséricordieux de Yopougon-quartier millionnaire (Abidjan).

 « Ce séminaire pluridisciplinaire vise à réunir les professionnels de la santé (néphrologue, diabétologie, cardiologue, neurologue, sages femmes, infirmiers etc ), afin de favoriser une prise en charge holistique de la maladie, c'est un cadre de rencontres et de partage d'expériences », a expliqué Caroline Coulibaly, secrétaire générale de cette Fondation.

Dr Aka Appolinaire, Directeur départemental (DD) de la santé de Yopougon Est, qui a présidé cette journée, a salué l’initiative. Il a souligné l'importance du renforcement des capacités des prestataires ainsi que les échanges entre les universitaires autour des maladies métaboliques, notamment l'HTA, le diabète et les problèmes de santé publique.

Pour sa part, Professeure Bamba Kamagate, cardiologue, a tiré la sonnette d'alarme sur l'ampleur de l'HTA en Côte d’Ivoire. « Selon les chiffres, plus de 50% de patients sont hypertendus. Malheureusement, on découvre toujours l'hypertension au stade de gravité avec des complications neurologiques, cardiovasculaires ou rénales », a-t-elle déploré. Avant d'ajouter que de nombreux patients ne se savent pas hypertendus. « Sur 12 millions de patients, 9 millions ne se savent pas hypertendus et de ceux qui sont déclarés hypertendus, seulement 12% se font contrôler ; d'où l'intérêt de mettre l'accent sur la sensibilisation et les campagnes de dépistage précoce », a-t-elle souligné.

Selon Professeure Bamba, il faut amener le patient à être acteur de sa santé. « Il doit savoir pourquoi on le traite, reconnaître les effets des médicaments qu'il lui faut et une éducation thérapeutique », a soutenu la cardiologue.

Dans cette dynamique, Prof Tia Mélanie, néphrologue, présidente de la Société ivoirienne de Néphrologie a plaidé pour une prise en charge individualisée des patients. « Nous devons passer d'une prise en charge globale, à une prise en charge personnalisée du patient », a-t-elle dit.

Pour le Prof. Aka Kouamé Felix, médecin endocrinologue, chef de service du Centre anti-diabétique d'Abidjan (Casa), a, quant à lui, insisté sur l'idée d’une démocratisation de la prise en charge d’hypertension artérielle.

« Il faut que dans tout centre de santé où se trouve un infirmier ou un médecin, il doit être capable de diagnostiquer cette maladie, proposer un traitement, faire le suivi et que le recours au cardiologue, neurologue ou néphrologie n'interviennent qu’en dernier ressort, car dans 2/3 des cas l'HTA est découverte lorsque le patient a un accident cardiaque », a-t-il suggéré.

Cette 12e édition a été marquée par la présentation d'une étude comparative de la prise en charge de l'HTA en Côte d'Ivoire et au Canada, réalisée par une équipe de chercheurs canadiens en stage à Abidjan.

La célébration officielle, au niveau national est prévue le lundi 18 mai 2026, à l'Institut National de la Jeunesse et Sport (INJS), à Marcory.

Eugène YAO

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