Santé

Hypertension artérielle-Dr Aka Apollinaire (diabétologue) : « Il y a des médicaments qui permettent de baisser le chiffre tensionnel »

Hypertension artérielle-Dr Aka Apollinaire (diabétologue) : « Il y a des médicaments qui permettent de baisser le chiffre tensionnel »

Abidjan, le vendredi 26 juin 2026(SS)-A l’occasion de la pré-Journée mondiale de lutte contre l’hypertension artérielle (PRE-JMHTA), organisée par la Fondation cœur citoyen, une Ong spécialisée dans la prévention des maladies métaboliques, notamment l’hypertension artérielle, le diabète, les maladies rénales et les pathologies cardiovasculaires, Dr Aka Diéket Apollinaire, médecin de santé publique, diabétologue, directeur départemental (DD) de la santé de Yopougon-Est, s’est exprimé, dans un entretien, sur le couple épidémiologique, diabète-hypertension artérielle, sur le CHU de Yopougon, en réhabilitation depuis 2019, ainsi que sur les projets structurants au niveau de ce District sanitaire, le samedi 16 mai 2026.

SS-Vous venez de participer à une journée scientifique sur l’hypertension artérielle avec différentes communications. Quels commentaires faites-vous après cette journée ?

L’hypertension est un sujet d’actualité. Avant, on disait que ce sont les personnes d’un certain âge qui avait la tension. Pour la systolique quand vous êtes au-dessus de 14 mercures, mais aujourd’hui la tendance, au vu de ce que nous avons appris, c’est de descendre à 13 et à 80 pour la diastolique au lieu de 90 pour prévenir tôt les complications de l’hypertensions artérielles qui sont graves. L’hypertension agît sur les organes nobles de notre système de santé. Que sont le cerveau, à travers les accidents-vasculaires cérébraux (AVC), les yeux qui peuvent entraîner la cécité, les reins qui entraînent l’insuffisance rénale et d’autres conséquences liées à l’hypertension artérielle.

SS-Comment peut-on éviter cette maladie ?

Il y a des mesures hygiéno diététiques, à travers les marches par exemple. Marcher permet de stabiliser la tension. Il y a également le stress qui y est pour quelque chose. Les problèmes de société font que des jeunes ont de plus en plus l’hypertension artérielle. Bien entendu, il y a aujourd’hui des molécules, des médicaments qui permettent de baisser le chiffre tensionnel. C’est pareil aussi pour le diabète, parce que comme nous avons vu au cours de cette journée, le couple hypertension-diabète est un couple mortel en médecine, parce que malheureusement là où il y a le diabète, il y a l’hypertension. Ils agissent sur le verseau, les artères. Permettez-moi de rappeler que le diabète, c’est le taux élevé de sucre dans le sang, normalement, ce taux est compris entre 0,70 et 1, 20 g, au-delà de 1,20 après un contrôle positif à 2 reprises de la glycémie vous êtes déclarés diabétiques. Il y a 2 types de diabètes : le diabète de type 1, c’est le diabète chez le sujet jeune, qui est insulino-dépendant c’est-à-dire qui est dépendant de l’insuline, une hormone qui est secrétée par le pancréas et qui permet de stabiliser le sucre dans l’organe. Et puis il y a le diabète de type 2, qui touche les sujets âgés et des personnes obèses ; c’est-à-dire que la graisse au niveau des verseaux empêche les cellules d’utiliser le sucre donc ça reste et l’individu est obligé d’aller uriner le sucre alors que le sucre est fait pour aider l’organisme. Et les signes du diabète se présentent de façon suivante : le sujet a beaucoup faim, il a soif, il se lève la nuit pour uriner plusieurs fois ; soit il est amaigri, soit il est gros. Mais la bonne nouvelle est qu’il y a des médicaments qui agissent sur le diabète et sur la tension.

SS-Après 12 éditions, quelles sont vos impressions sur l’organisation de ces journées scientifiques initiées par la Fondation Cœur citoyen ?

Je voudrais féliciter Dr Gnamien Charles (cardiologue et gérant de la Clinique saint sauveur Miséricordieux) avec qui nous sommes de la même promotion, à la Faculté de Médicine d’Abidjan depuis 1989, nous sommes de la 26e promotion. Très peu de structure mette l’accent sur le renforcement des capacités des prestataires et des échanges entre les universitaires ivoiriens et avec ceux qui viennent de l’extérieur sur les thématiques de l’hypertension artérielle, du diabète, qui sont des problèmes de santé publique auxquels nous sommes confrontés. Nous avons lutté contre le VIH-Sida, aujourd’hui nous sommes à 1% de prévalence au niveau de la Côte d’Ivoire. Cela ne veut pas dire qu’il faut baisser les bras parce qu’il y a d’autres challenges, notamment le problème cardiovasculaire du fait de l’environnement, la sédentarisation, qui malheureusement engendrent des morts.

C’est en cela que cet enseignement post-universitaire permet à nos prestataires et nos collaborateurs de renforcer leurs capacités. C’est pourquoi, j’ai tenu à être là avec la plupart de mes médecins-chefs des formations sanitaires pour profiter de cette formation. Yopougon est divisé en deux Districts sanitaires, à savoir Yopougon Est que je dirige et qui part de la prison civile à l’île Bouley, puis vous avez Yopougon Ouest qui part de la zone industrielle jusqu’à Songon. A Yopougon Est, nous avons cinq : Andokoi, Toits-rouges, Koweit, Wassakara et Yopougon Attié qui fait office de centre de référence). En plus de cela, nous avons les centres de santé urbains, dont celui de Yopougon Santé qui héberge le bureau du District. Il y a le centre de santé de ‘’Millionnaire mixte’’ qui fait la prise en charge des drépanocytoses et puis le centre de santé du pôle pénitentiaire de la prison civile (à l’intérieur et à l’extérieur) et deux médico-scolaires, notamment à Yopougon-Est et un autre pour Yopougon Ouest, ce qui fait trois au total pour toute la commune de Yopougon.

SS-Avez-vous aussi des structures privées ?

Il y a des structures privées. Dès ma prise de fonction, j’ai effectué des visites de prise de contact avec toutes les structures privées qui sont à jour de leur validité d’exercer ; parce que chez nous, il y a la DEPS (Direction des Etablissements Professionnels et sanitaires) qui donnent l’autorisation aux structures privées d’exercer et ces cliniques doivent faire des rapports d’activité en synergie avec le District sanitaire.

SS-Vous avez parlé de chantiers en cours à Yopougon, pouvez-vous revenir sur cet aspect pour nos internautes ?

Je disais que Yopougon est la plus grande commune du District d’Abidjan avec une population estimée à 3 millions d’habitants, mais qui a le paradoxe d’avoir très peu de structures sanitaires publiques. Le Chu de Yopougon est en réhabilitation depuis 2019. L’hôpital de la PMI a été réhabilité à la faveur de la fermeture du Chu pour qu’un certain nombre de services fonctionnement, mais cet hôpital n’arrive pas, malheureusement, à faire face aux références lorsque des cas de complications surviennent. Les établissements à base communautaires ne sont que des établissements de 1er contact. Actuellement le bloc de Wassakara est fermé pour réhabilitation, il ne reste que le bloc de Yopougon Attié qui est fonctionnel.

SS-Quelles solutions proposez-vous ?

Le ministre de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture maladie universelle a demandé à identifier des réserves administratives. Nous avons eu des réunions avec le maire de Yopougon et dans cette dynamique, nous avons pu avoir un terrain de 2,1 hectares en allant vers la prison civile où ; nous allons construire un hôpital général pour pallier à l’insuffisance de centre de santé. En plus de cela, il y a d’autres réserves identifiées du côté du quartier LEM-Saguidiba. La mairie a également identifié un terrain de 800 m2 pour que le ministère de la Santé puisse construire des formations sanitaires de proximité. Ce projet va permettre de désengorger Yopougon-Attié et bien entendu la réhabilitation du Chu.

SS-Finalement, le CHU de Yopougon ouvre quand ?

Je pense qu’à la faveur de la Can 2023, organisée par la Côte d’Ivoire, des services d’urgences ont été ouverts. Et d’ici peu, les services d’hospitalisation vont suivre pour nous permettre de faire face à la demande qui est forte car comme je l’ai dit Yopougon est la plus grande commune de Côte d’Ivoire avec près de 3 millions d’habitants.

SS-Donc, vous voulez dire que l’hôpital général dont vous parliez à l’instant va venir en complément au Chu de Yopougon ?

Effectivement, il viendra en complément parce que si vous faites le ratio, il faut 150 000 habitants pour un hôpital général. Donc en principe, il faut plusieurs hôpitaux pour Yopougon, cela n’a pas été le cas. Mais l’Etat de Côte d’Ivoire a décidé de combler ce gap, en construisant un hôpital général pour Yopougon, parce que chaque District sanitaire doit normalement avoir un hôpital de référence. Yopougon-Est n’a pas d’hôpital de référence. C’est le même hôpital de Yopougon Attié qui sert de référence aux deux Districts, donc en construisant cet hôpital vers la prison civile, cela va permettre de répondre un tant soit peu à la forte demande, en termes de soins à la population. C’est vrai, les structures privées aident mais c’est très peu.

SS-En dehors de cet hôpital, avez-vous d’autres projets pour la commune de Yopougon ?

Ah oui, j’oubliais de vous dire, la prison civile a un centre de santé mais vous avez vu que la population carcérale a augmenté. Donc, nous avons remis le plan au directeur du pôle pénitencier pour construire un centre de santé qui va bénéficier à toutes les populations qui sont aux alentours de la prison civile. Il y a également l’île Bouley, où vous avez des villages d’allogènes avec près de 8 000 à 10 000 habitants. Il n’y a pas de centre de santé digne de ce nom. Il y avait un centre de santé qui avait été construit par la mairie à l’époque de l’ex-maire Doukouré Moustapha. Donc depuis que je suis arrivé, j’ai effectué une visite avec le Directeur des infrastructures ; de l’équipement et du matériel (DIEM) et la mairie, afin de réhabiliter ce bâtiment et construire des logements pour la sage-femme, l’infirmier et le médecin. Nous avons fait le plan, nous avons évalué, budgétisé ; donc à la faveur du jumelage entre la ville de Bâle et la commune de Yopougon, il sera réhabilité. Ceci, pour le bonheur de nos populations qui sont sur l’île Bouley.

Eugène YAO

Articles Similaires

About Us