Santé

Côte d'Ivoire : plus de 21000 nouveaux cas de cancer par an, la bataille du gouvernement pour la prévention et les nouvelles infrastructures

Côte d'Ivoire : plus de 21000 nouveaux cas de cancer par an, la bataille du gouvernement pour la prévention et les nouvelles infrastructures

Abidjan, le mardi 14 juillet 2026(SS)-En Côte d'Ivoire, le cancer demeure l'un des plus grands défis de santé publique avec plus de 21000 nouveaux cas et 14000 décès chaque année, selon les chiffres du ministère ivoirien de la Santé, de l'Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle. Et ce, malgré les efforts des autorités ivoiriennes à intensifier la lutte entre dépistage, prévention et nouvelles infrastructures.

21000 nouveaux cas chaque année

En Côte d'Ivoire, le cancer de sein et du Col de l'utérus sont en tête des causes de décès. Et le gouvernement veut renverser la tendance.

Face à ce grand défi de santé publique, les autorités élargissent les centres de dépistage et de vaccination dans l'optique de détecter les cas possibles un peu plus tôt, afin de sauver des vies.

Selon les statistiques du ministère ivoirien de la santé publique, 21000 nouveaux cas sont enregistrés chaque année.

Chez les femmes, le cancer du sein arrive en forte taux avec près de 3869 cas et 2092 décès par an. Malheureusement 80% de ces cas sont détectés au stade avancé ce qui entraîne la hausse aux taux de mortalité à 54%. A cela s’ajoute le cancer du col de l'utérus qui est le 3e cancer qui touche plus de 2360 femmes chaque année et cause 1461 décès, selon le programme national de lutte contre le cancer relayé par l’AIP, le 12 mars 2026.

Par ailleurs, le cancer colorectal et de la prostate sont inquiétants chez les hommes. Le cancer colorectal qui touche le côlon et le rectum, classé au 5e rang, enregistre plus de 1000 nouveaux cas chaque année. Et celui de la prostate au premier rang avec 1000 personnes de 50 ans et plus dépistées en mars, informe AIP dans un article publié le 3 avril 2026.

Pour la lutte contre le cancer, le programme est lancé sur 2 axes : la vaccination contre le virus du papillome humain (HPV) et le dépistage précoce. Le vaccin administré protège contre 70% de cancer liés au HPV pour les jeunes filles de 9 ans. Plus de 28 milliards FCFA sont prévus pour l'élimination de ce cancer en 2030.

De nouvelles infrastructures

L'année 2026 s'annonce prometteuse pour la lutte contre le cancer en Côte d'Ivoire avec l'inauguration de l'Institut Européen de cancérologie (IEC) de Bingerville par la première Dame Dominique Ouattara, le 25 juin 2026.

Ce centre doté d'une radiothérapie et d'une chimiothérapie présente un même niveau de qualité qu'en Occident. Pour une meilleure prévention, l'État a mis en service son premier camion de mammographie mobile public en mars 2026 d'une valeur de 211 millions de FCFA indiquent les rapports du ministère de la Santé, de l'Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle. Ce camion permettra de faciliter les diagnostics dans les zones rurales. De son côté, le ministre de la Santé Pierre Dimba rassure sur l'équipement de tous les hôpitaux en construction de mammographes et le déploiement de camions mobiles.

Même si les infrastructures se renforcent avec le Centre National de Radiothérapie et d’Oncologie Alassane Ouattara (CNRAO), l'Institut Européen de cancérologie, l’Hôpital Mère-Enfant de Bingerville etc, le défi de la lutte contre le cancer en Côte d'Ivoire reste le diagnostic précoce ainsi que la sensibilisation.

Un fardeau de santé mondial 

Dans un rapport publié le mercredi 8 juillet 2026, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) évoque un risque d'augmentation de cas de cancer jusqu'à 35 millions chaque année d'ici 2050, si les pays ne prennent pas des mesures de prévention rapide.

Selon ce rapport, le cancer est la 2e cause de mortalité dans le monde avec une estimation de 20,6 millions de nouveaux cas et 10 millions de décès par an.

Constatant de fortes inégalités sur les soins, le Directeur de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré : " Le cancer est une maladie profondément personnelle qui touche presque chacun d'entre nous. Mais les chances de survie d'une personne ne devraient jamais dépendre du pays où elle est née et de ses revenus".

Le document soutient que les chances de survie du cancer dépendent du niveau de richesse de chaque pays. Dans les pays développés plus de 87% de malades du cancer restent en vie après 5 années précédant le diagnostic, contre 42% seulement dans les pays à faible revenu.

Un accès aux soins toujours inégal

Malgré les efforts, aujourd'hui l'accès aux médicaments essentiels reste inégal dans les pays pauvres, fait savoir le rapport. Et d’indiquer que la disponibilité des médicaments prioritaires anticancéreux varie de 9% à 54% dans ces pays contre 68% à 94% dans les pays développés publié dans un rapport des Nations unies publié le 08 Juillet 2026.

L’OMS souligne qu’en 2026, près de 82% de pays disposent de plans nationaux de lutte contre le cancer, contre 50% en 2010.

Benjamin Kouabenan

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