Santé

Côte d'Ivoire : la dengue dépasse son épicentre habituel, une flambée signalée dans le Nord

Côte d'Ivoire : la dengue dépasse son épicentre habituel, une flambée signalée dans le Nord

Abidjan, le dimanche 26 juillet 2026(SS)-La dengue n'est plus seulement une préoccupation pour le Grand Abidjan. À Dianra, dans le nord-ouest de la Côte d'Ivoire, les autorités sanitaires ont confirmé 24 cas de cette maladie virale transmise par les moustiques.

En quelques jours, le nombre de cas est passé de cinq à quinze, puis à vingt-quatre, conduisant les autorités administratives et sanitaires à renforcer les mesures de surveillance et de lutte contre l'épidémie, rapporte l'AIP.

Jusqu'à présent, les principales flambées de dengue enregistrées en Côte d'Ivoire étaient concentrées dans le district sanitaire de Cocody-Bingerville, considéré comme l'épicentre de la maladie dans le pays. L'apparition d'un foyer à plusieurs centaines de kilomètres de cette zone constitue donc un signal important. Elle ne signifie pas que la dengue s'est généralisée à tout le territoire national, mais rappelle que le virus peut émerger partout où les conditions favorisent son moustique vecteur.

Pourquoi la dengue apparaît-elle à Dianra ?

Les spécialistes expliquent qu'une flambée de dengue survient lorsque deux conditions sont réunies. D'une part, le virus doit être introduit dans une localité, souvent à la faveur des déplacements de personnes infectées. D'autre part, le moustique Aedes aegypti doit être présent en nombre suffisant pour assurer la transmission d'une personne à une autre.

Contrairement à une idée reçue, ce n'est pas la personne malade qui contamine directement son entourage. Lorsqu'un moustique pique une personne infectée, il peut à son tour transmettre le virus en piquant d'autres personnes quelques jours plus tard. C'est ainsi que des foyers de transmission locale peuvent apparaître.

La saison des pluies, les eaux stagnantes, les pneus usagés, les récipients abandonnés, les caniveaux obstrués ou encore les réserves d'eau non couvertes offrent au moustique des lieux idéaux pour pondre ses œufs. Dans plusieurs villes ivoiriennes, ces conditions sont réunies pendant une bonne partie de l'année.

Une maladie souvent confondue avec le paludisme

L'un des principaux défis est que la dengue ressemble beaucoup au paludisme au début de la maladie. Les deux provoquent une forte fièvre, des maux de tête et une grande fatigue. Cette ressemblance conduit parfois les patients à s'automédiquer contre le paludisme, retardant ainsi le bon diagnostic.

La dengue se manifeste généralement par une forte fièvre soudaine, des douleurs importantes dans les muscles et les articulations, des maux de tête intenses, parfois des douleurs derrière les yeux, des nausées, des vomissements ou une éruption cutanée. Chez certaines personnes, notamment les enfants, les personnes âgées ou celles souffrant de maladies chroniques, elle peut évoluer vers une forme sévère caractérisée par des saignements, une chute de la tension artérielle ou un état de choc nécessitant une prise en charge urgente.

Le moustique Aedes aegypti pique pendant la journée

La dengue est transmise par le moustique Aedes aegypti, reconnaissable à ses rayures blanches sur les pattes et le corps. Contrairement au moustique responsable du paludisme, il pique principalement pendant la journée, avec des pics d'activité tôt le matin et en fin d'après-midi.

Cette différence est importante, car dormir sous une moustiquaire la nuit ne suffit pas à se protéger complètement contre la dengue. Les spécialistes recommandent également le port de vêtements couvrants pendant la journée, l'utilisation de répulsifs lorsque cela est possible et la pose de moustiquaires aux portes et aux fenêtres.

Que faire en cas de symptômes ?

Toute personne présentant une forte fièvre accompagnée de douleurs musculaires ou articulaires importantes doit consulter rapidement un centre de santé, surtout si elle réside dans une zone où des cas de dengue ont été signalés.

Les médecins déconseillent l'automédication, notamment la prise d'anti-inflammatoires comme l'ibuprofène ou le diclofénac, qui peuvent augmenter le risque de saignement en cas de dengue. Seul un professionnel de santé est en mesure de confirmer le diagnostic et d'orienter le traitement approprié.

La meilleure arme reste la prévention

À ce jour, il n'existe pas de traitement spécifique permettant de guérir la dengue. La prise en charge consiste principalement à soulager les symptômes et à prévenir les complications. La lutte contre les moustiques demeure donc le moyen le plus efficace de limiter la propagation de la maladie.

Les autorités sanitaires recommandent de vider régulièrement les récipients contenant de l'eau stagnante, d'éliminer les pneus usagés, de couvrir les réserves d'eau, de nettoyer les caniveaux et de maintenir les cours et les abords des habitations propres. Ces gestes simples permettent de détruire les gîtes larvaires où se développent les moustiques.

Un signal de vigilance pour tout le pays

La flambée observée à Dianra rappelle que la dengue n'est plus un problème exclusivement lié au Grand Abidjan. Avec l'urbanisation, les changements environnementaux, les déplacements de populations et la présence du moustique vecteur dans plusieurs régions, de nouveaux foyers peuvent apparaître si la surveillance et les mesures de prévention ne sont pas renforcées.

Pour les experts en santé publique, la priorité est désormais de contenir rapidement cette flambée afin d'éviter une transmission plus importante. L'épisode de Dianra constitue surtout un rappel : la lutte contre la dengue commence dans chaque quartier, chaque concession et chaque foyer, en éliminant les endroits où les moustiques peuvent se reproduire.

Rédaction

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