Développement économique

Activités minières : le Mali renforce sa gouvernance dans la filière diamantifère

Activités minières : le Mali renforce sa gouvernance dans la filière diamantifère

Bamako, le jeudi 29 janvier 2026(SS)-Le Mali encore discret sur la scène diamantifère mondiale, renforce les mécanismes de contrôle et de certification pour mieux encadrer l’exploitation et l’exportation de ses diamants bruts. Dans un entretien, Dr Birama Sory Sidibé, Directeur du Bureau d’Expertise, d’Évaluation et de Certification des Diamants Bruts (BEEC), a fait un point sur les dispositifs en place et les perspectives de développement durable du secteur.

Le BEEC est l’organe national chargé de la mise en œuvre du Processus de Kimberley (PK), un mécanisme international visant à empêcher la commercialisation de diamants issus de zones de conflit. Au Mali, plusieurs instruments assurent la traçabilité de la production jusqu’à l’exportation : le cahier de production, obligatoire pour les exploitants, enregistre les quantités de diamants extraits, le reçu d’achat, délivré au niveau des comptoirs, prouve la transaction entre l’exploitant et le comptoir, le certificat PK, émis par le BEEC après une expertise conjointe avec les Douanes, autorise l’exportation, la levée d’intention d’exportation, délivrée par la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCCC) est conditionnée par la certification du BEEC et le paiement de la taxe d’exportation auprès de la Direction Générale des Impôts (DGI). « Ce système intégré permet de lutter efficacement contre le trafic illicite et de garantir que les diamants maliens sont conformes aux normes internationales », souligne Dr Sidibé.

Contrairement à des substances minières, l’exploitation du diamant au Mali n’implique pas l’utilisation de produits chimiques, ce qui limite considérablement les impacts environnementaux directs. Néanmoins, les activités diamantifères sont soumises aux mêmes exigences environnementales que toute autre activité minière. Cela inclut des études d’impact, des plans de gestion environnementale et des obligations de réhabilitation des sites.

Les recherches géologiques ont confirmé un potentiel diamantifère significatif dans plusieurs régions du pays. Pour stimuler ce secteur encore peu développé, Dr Sidibé préconise une diversification de l’exploitation minière à travers l’octroi de nouveaux permis de recherche et la création de nouveaux comptoirs d’achat et d’exportation. « L’enregistrement des diamants dès leur sortie du sol est important pour lutter contre le trafic illicite et pour que les communautés locales bénéficient réellement des retombées économiques », explique-t-il.

Avec une meilleure gouvernance, des politiques claires de durabilité et une volonté affichée de développer une filière transparente, le Mali s’engage dans une nouvelle ère pour ses ressources diamantifères. Le renforcement du rôle du BEEC, l’implication des services fiscaux et douaniers, et l’adoption du Processus de Kimberley, en termes de référence, positionnent le pays comme un acteur sérieux et responsable sur la scène internationale.

 Fabrice Nouzianyovo

Articles Similaires

About Us