Abidjan, le jeudi 26 mars 2026(SS)-Thoko Elphick-Pooley de la Fondation Gates et Fodé Danfakha du Programme national de lutte contre la tuberculose au Sénégal proposent un plan d’élimination de la maladie reposant sur trois piliers essentiels : le diagnostic précoce, l’investissement stratégique et la mise en place de systèmes de santé solides, face à la menace persistante de la tuberculose sur la santé publique.
Selon SciDev.net, la tuberculose demeure aujourd’hui l’une des maladies infectieuses les plus meurtrières au monde. Chaque année, plus de 10 millions de personnes contractent la maladie et plus d’un million en meurent. Il s’agit d’une des dix premières causes de mortalité à l’échelle mondiale due à un agent infectieux unique.
Pour ces Experts de la santé, « la capacité à détecter la maladie tôt, là où la transmission commence et là où les patients se présentent en premier permet de mettre fin à la maladie ».
Au Sénégal, les centres de santé s’inscrivent pleinement dans cette dynamique, soutenue par le ministère de la Santé et de l’Action sociale. Il y a également l’appui du Programme national de lutte contre la tuberculose, avec une modernisation progressive des pratiques diagnostiques.
Pendant des décennies, le diagnostic reposait sur la recherche des bactéries au microscope, un processus long et incertain. Désormais, il est progressivement remplacé par des diagnostics moléculaires recommandés par l’Organisation mondiale de la santé, capables de confirmer un cas en quelques heures, voire en quelques minutes.
Le dépistage rapide constitue une avancée majeure, mais son efficacité dépend de la capacité à identifier les malades, avant qu’ils ne transmettent la maladie.
Au Sénégal, malgré des progrès notables, la situation demeure préoccupante, marquant l’important défi qui prévaut en Afrique subsaharienne, où l’on enregistre 17 % des décès mondiaux liés à la tuberculose.
SciDev souligne qu’en 2025, sur 20 983 cas attendus, seuls 16 158 ont été détectés, laissant 4 825 personnes non diagnostiquées. Ces malades continuent de vivre et de se déplacer sans savoir qu’ils sont infectés, alimentant ainsi la transmission communautaire.
En Côte d’Ivoire, le ministère de la santé révèle qu’en 2025, 21 587 cas de tuberculose ont été détectés, soit une moyenne de 99 personnes atteintes pour 100.000 habitants. Ces performances traduisent, selon les autorités sanitaires, une évolution notable. Désormais, le pays est classé parmi les zones présentant une endémie modérée, après avoir longtemps demeuré parmi les pays à forte endémie.
Aujourd’hui, les outils existent : tests moléculaires rapides, radiographies numériques mobiles et traitements efficaces affichant un succès thérapeutique national de 90 %. Le défi réside dans leur déploiement précoce et élargi au plus près des communautés.
L’élimination de la tuberculose exige des systèmes de santé suffisamment solides pour déployer équitablement la prochaine génération d’outils de prévention.
En 2025, les dirigeants mondiaux se sont engagés à mobiliser 11,34 milliards de dollars, soit plus de 6 000 milliards FCFA pour soutenir ces efforts. Toutefois, ce financement reste inférieur aux besoins réels, limitant l’extension du diagnostic, le renforcement des cliniques rurales et le déploiement des outils au plus près des patients.
La tuberculose débute souvent par des signes discrets : toux persistante, fièvre légère, sueurs nocturnes et perte de poids progressive. Sans test, ces symptômes sont facilement confondus avec d’autres maladies, permettant à l’épidémie de progresser silencieusement, rappelle SciDev.
Rish Koffi
