Abidjan, le vendredi 23 janvier 2026(SS)-Kouassi Amoin Prisca est désormais docteure en Sciences de l’éducation, à l’université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan, spécialité Didactique des langues et des disciplines. Elle a soutenu sa thèse de doctorat unique sur le thème : « La métacognition de la communication didactique dans l’enseignement secondaire en Côte d’Ivoire », le mercredi 3 septembre 2025, à la salle des séminaires de l’école doctorale de l’université Félix Houphouët Boigny (au Pôle scientifique de Bingerville).
Dans sa thèse, l’impétrante soutient que malgré les décennies de réformes visant à améliorer la qualité de l’enseignement supérieur en Côte d’ivoire, les résultats restent en deçà des attentes, (manque d’établissements, effectifs pléthoriques). Conséquence : les pratiques pédagogiques restent encore centrées sur l’enseignant. Pour elle, les interactions élève-professeur restent limités, avec également une méconnaissance des besoins cognitifs, autant de freins au développement de l’autonomie et de la pensée critique chez l’apprenant.
Son directeur de thèse, Professeur Jean Martial Kouamé, directeur de l’institut de Linguistique appliquée de l’Université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan, s’est dit fier de cette étudiante, qui s’est distinguée, pendant ses années doctorales par ses qualités humaines et professionnelles. Il a souligné la qualité de son travail soumis à l’évaluation du jury. « C’est une thèse novatrice qui apporte une réponse aux problèmes de recherche en éducation en Côte d’Ivoire. Elle montre comment les problèmes structurels : les classes surchargées, l’inadaptation des programmes influent sur les pratiques de classes et empêchent l’innovation », a-t-il soutenu, expliquant que ce travail scientifique vise à améliorer les pratiques de la classe, mais surtout apporte une solution à un problème de société.
« Cette étude dépasse le cadre académique, elle a une portée pratique et politique. Elle plaide pour l’intégration de la métacognition dans les pratiques enseignantes, une école qui ne se contente pas de remplir les têtes mais apprend à apprendre. Elle appelle à améliorer les infrastructures, mais surtout sur la dimension humaine, pédagogique », a-t-il déclaré.
Maître de conférences, Dr Happy Rosalie Lolo Monney, de l’Ecole normale supérieure d’Abidjan (ENS, Rapporteur), spécialiste de la didactique, a indiqué que l’impétrante a fait un choix judicieux, en s’intéressant aux problèmes de l’enseignement -apprentissage notamment l’observation et l’analyse des pratiques de classes, spécifiquement la métacognition. « C’est vrai qu’on interroge les structures d’encadrement mais les procédés utilisés par l’enseignant pour enseigner et pour faire apprendre méritent eux aussi d’être interrogés », a-t-elle affirmé.
Pour sa part, Dr Kouadio Pierre Adou Kouakou, Maître de Conférences à l’université Félix Houphouët Boigny, (rapporteur), a salué ce travail qui aborde la question de métacognition autrement dit l’auto-évaluation. Pour lui, le problème relevé par la thèse est un sujet d’actualité qui touche tous les niveaux de l’enseignement.
Maître de conférences, Dr Konan Stanislas Kouassi, de l’université Perefolo Gon Coulibaly de Korhogo(examinateur), a noté la cohérence du travail, malgré quelques imperfections à corriger.
Le jury présidé par Professeur Kouakou Appoh Enoc Kra de l’université Felix Houphouët Boigny d’Abidjan a accepté le travail de Kouassi Amoin Prisca, en lui décernant le grade de Docteur en Sciences de l’Education avec la mention très honorable.
C’est la 18è soutenance de l’Ecole doctorale Société, communication, arts et langues (Edcal) de l’UFB.
Eugene Yao
