Abidjan, le jeudi 12 mars 2026(SS)-Les résultats d'une étude, menée par l’Institut WifOR ont été présentés, lors de l’Africa Press Day 2026 de Roche à Nairobi (Kenya ). Ils révèlent que le cancer du sein a entraîné plus de 10 milliards de dollars, soit 5 677 459 314 997 FCFA de pertes de productivité dans sept pays africains, à savoir : l’Algérie, la Côte d’Ivoire, le Kenya, le Maroc, le Nigeria, l’Afrique du Sud la Tunisie.
Cette perte de productivité s’est déroulée entre 2017 et 2023, indique un communiqué de Roche(entreprise biotechnologique), publié mardi 10 mars 2026.
L’étude s’est particulièrement intéressée à la forme agressive du cancer du sein HER2+, responsable de plus de 20 % des cas sur le continent.
Selon les résultats, près de 90 % des pertes économiques concernaient des femmes se trouvant dans leurs années les plus productives, soulignant l’impact direct de la maladie sur la main-d’œuvre et la croissance économique.
Les données montrent également qu’un investissement accru dans les traitements innovants pourrait générer des bénéfices économiques significatifs.
Chaque dollar investi dans ces traitements peut produire jusqu’à 12,40 USD de retombées économiques, principalement grâce au rétablissement de la productivité des patientes et à l’allongement de leur participation active au marché du travail.
Présentés devant des journalistes, décideurs politiques et experts de la santé issus de plusieurs pays africains, ces résultats mettent en évidence le lien entre santé publique et performance économique. Les intervenants ont insisté sur la nécessité pour les gouvernements africains d’intégrer l’investissement sanitaire dans leurs stratégies économiques, plutôt que de le considérer uniquement comme une dépense sociale.
Maturin Tchoumi, responsable de la zone internationale Pharma chez Roche Afrique, a déclaré : « Le cancer du sein constitue une menace croissante pour les sociétés et les économies africaines. Les données montrent clairement que l’investissement dans la santé des femmes n’est ni un coût ni une dépense sociale, mais un puissant moteur économique qui soutient la productivité, la résilience, l’équité et la croissance durable sur le continent. »
L’analyse souligne aussi l’importance du diagnostic précoce. En Afrique, environ 77 % des femmes sont diagnostiquées à des stades avancés de la maladie, lorsque les traitements deviennent plus complexes et plus coûteux. Combler les lacunes en matière de dépistage et d’accès aux soins apparaît ainsi comme un levier essentiel pour réduire à la fois la mortalité et les pertes économiques.
Les discussions ont enfin mis en avant le rôle des partenariats public-privé et des investissements stratégiques dans les systèmes de santé pour renforcer le capital humain et soutenir des économies africaines plus résilientes.
Rish Koffi
