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Santé Mondiale : Africa CDC passe de la vision à l’action avec l’implication de la jeunesse africaine à travers YES!Health 2025-2028

Santé Mondiale : Africa CDC passe de la vision à l’action avec l’implication de la jeunesse africaine à travers YES!Health 2025-2028

Bamako, le mardi 30 juin 2026(SS), du 15 au 17 juin 2026, le siège d'Africa CDC à Addis-Abeba a servi de cadre à un atelier continental décisif dénommé : « Atelier Consultatif Continental pour l'Opérationnalisation et la Domestication de la Stratégie YES!Health 2025–2028 ». Pendant trois jours, représentants de huit États membres, leaders jeunes et partenaires internationaux ont travaillé à transformer une vision continentale en des Plans d'Action Nationaux (PAN) concrets.

Une stratégie née d'une conviction

Avec plus de 65 % de la population africaine âgée de moins de 35 ans, le continent dispose d'un capital humain extraordinaire. Pourtant, la participation des jeunes dans la gouvernance de la santé publique reste marginale, souvent symbolique et rarement structurelle. C'est pour inverser cette tendance qu'Africa CDC a lancé en octobre 2025, lors de la 4ème Conférence Internationale sur la Santé Publique en Afrique (CPHIA), sa Stratégie pour l'Engagement et la Participation des Jeunes en Santé Mondiale : YES!Health 2025-2028. L'atelier d'Addis-Abeba marquait une étape charnière : passer de la vision à l'action, du document stratégique à la réalité nationale.

Huit pays, un diagnostic commun

Les délégations du Botswana, Burundi, Côte d'Ivoire, République Démocratique du Congo, Ghana, Namibie, Nigeria et Rwanda ont présenté leurs réalités nationales. Le bilan est sans équivoque : presque tous les pays disposent de politiques nationales de jeunesse et de santé, mais les lacunes d'implémentation demeurent profondes.

Quatre défis structurels ont émergé de manière transversale :

  • L'abondance des politiques, le déficit de mise en œuvre : les textes existent, mais leur application à grande échelle reste insuffisante.

  • La participation limitée des jeunes dans les processus de prise de décision et de budgétisation.

  • Les inégalités urbain-rural : les jeunes des zones reculées sont systématiquement laissés pour compte.

  • Le financement, identifié comme le principal obstacle, voire le verrou numéro un.

Des bonnes pratiques qui inspirent

L'atelier a également été l'occasion de valoriser des initiatives exemplaires. Le Botswana s'est distingué par la présentation d'un budget jeunesse au Parlement, porté par un ministre de la Jeunesse âgé de seulement 26 ans. Le Rwanda a opéré une réforme légale audacieuse permettant l'accès aux services de santé reproductive dès 15 ans sans consentement parental, appuyée par la plateforme YouthConnekt. La Namibie a développé un Toolkit de Participation Adolescente et Jeune, tandis que le Ghana a mis en place un Groupe de Travail Sectoriel Jeunesse pour assurer une coordination multi-institutionnelle. Le Nigeria, quant à lui, a officiellement adopté la stratégie YES!Health au niveau ministériel dès septembre 2025.





De la consultation à la co-création : un changement de paradigme

Le fil rouge des trois jours de travaux était clair : il ne s'agit plus de consulter les jeunes, mais de les faire co-créer les solutions. Comme l'a souligné la délégation rwandaise, « le verbe manquant dans la plupart des définitions, c'est co-créer ». Engagement significatif, co-propriété des processus, présence des jeunes de la conception à l'évaluation — tels sont les nouveaux standards défendus par la stratégie YES!Health.

Cinq objectifs stratégiques ont structuré les travaux en groupes thématiques : architectures d'engagement, espaces accessibles et inclusifs, partenariats portés par les jeunes, développement des compétences et financement des initiatives jeunes.

Des engagements fermes et délais précis

L'atelier ne s'est pas contenté de recommandations générales. Les États membres se sont engagés à créer des comités nationaux de coordination YES!Health d'ici le 30 septembre 2026 et à développer des Plans d'Action Nationaux(PAN) d'ici le 31 décembre 2026. Africa CDC, de son côté, s'est engagé à transmettre les documents de référence dans les 14 jours suivant l'atelier, à mettre à disposition des Assistants Techniques et à développer des lignes directrices continentales.

Un réseau de partenaires a également été mobilisé pour soutenir cette dynamique, incluant la Fondation MasterCard, le Fonds Mondial, la Fondation Gates, GAVI, GIZ, AMREF, UNICEF, UNFPA et de nombreux autres acteurs du développement.

« Rien pour nous, sans nous »

L'atelier s'est conclu sur une formule devenue symbole d'une génération qui entend prendre sa place : « Nothing for us without us » — « Rien pour nous, sans nous ». Un appel lancé aux gouvernements, aux institutions et aux partenaires : la santé de l'Afrique se construira avec sa jeunesse, ou ne se construira pas.

Dr Mazo KONE.

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